La vie sentimentalo-cynique d'un elfe, ou presque...

04/04/2006

04/04/06 - 21:53

Question existentielle...

Pourquoi, dès l'arrivée du premier rayon du Soleil, hommes et femmes se sentent obligés de nous infliger la vue de leurs pieds... ?
Tongs, sandalettes, nus-pieds, espadrilles, les pieds sont de retour. Si au moins ils étaient beaux. Mais beaucoup ne semblent n'avoir aucune cure de l'état de leurs orteils avant de les exhiber. Souffrent-ils vraiment moins de la canicule (d'avril! sic) en dévoilant leurs panards devant tout le monde? Et s'ils désirent un bronzage intégral, pourquoi ne pas oser un véritable nudisme en toute circonstance?

Vraiment, les gens ne font que les choses à moitié, même pour montrer des pieds qu'on ne saurait voir...

04/04/06 - 00:09

La vérité est ailleurs...

... et moi aussi.

Mais personne pour m'y accompagner...

29/03/2006

29/03/06 - 11:05

"Ca c'est du toupet!" dit le coiffeur

J'avoue, j'admire le culot de certains gays...

Ceux qui se disent blonds et qui sont en fait châtains foncés.
Ceux qui se mesurent avec des talons compensés.
Ceux qui prétendent être légèrement poilus et qui sont les dignes descendants de Demis Roussos.
Ceux qui affirment ne rechercher que du dialogue et vous invitent à communiquer avec eux dans leur lit.
Ceux qui se disent mâtures et qui dorment avec leurs peluches sous des posters de Chantal Goya.
Ceux qui prétendent ne pas faire leur âge et qui en effet font bien plus.
Ceux qui susurrent être en quête de sentiments et vous envoient la plus belle photo de leur pénis en érection, leur "bâton d'amour à consommer sans modération" ou de leurs fesses velues, symbole de leur sincérité mise à nue...
Ceux qui disent ne pas être efféminés et que l'on confond avec leur soeur.
Ceux qui sont amoureux de vous comme ils le sont de toute personne rencontrée au bout de cinq minutes.

Liste non exhaustive que je vous invite à compléter...

13/03/2006

13/03/06 - 17:46

Les temps changeraient-ils?

Si 2006 a la mauvaise idée de commencer plutôt mal sentimentalement parlant, j'ai comme une impression que certaines choses sont en train de changer...

Jusqu'à présent, la perspective d'une nouvelle rencontre m'effrayait pour une raison principale: la peur de déplaire. J'ai tellement peu de confiance en moi physiquement parlant que chaque rendez-vous m'angoissait. Surtout pour l'autre en fait car je m'en voulais de lui faire subir l'affront de devoir me regarder le temps d'un verre. Peu m'importait qu'il me plaise ou non, je ne voulais surtout pas décevoir.

Curieusement, cette crainte tend à s'effacer petit à petit et je gagne en assurance. Est-ce les temps sont aux compliments gratuits? Est-ce que mon charme a enfin consenti à se montrer? Est-ce que les autres sont moins difficiles qu'auparavant et ont fait leur la maxime "faute de grive on mange des merles"?

Je l'ignore encore.

Il ne me reste plus qu'à plaire moralement et qui sait, peut-être qu'un jour quelqu'un restera et ne sera effrayé ni par mon regard, ni par ma personnalité. Peut-être...

02/03/2006

02/03/06 - 17:31

Du terne autour de moi

D'humeur cul-cul la praline, pour fêter le mois de mars, un poême qui sent bon les bourgeons qui refusent encore de s'ouvrir...


Tout est terne, depuis toi.

Du gris, toujours du gris, tout autour de moi.

Et chaque rencontre me renvoie à ça :

Le terne finalement fait loi.

Quand je me retourne je me dis,

Que c'est bien lassant les gens tout gris!

Et qu'avant que je ne meurs,

Rencontrer quelqu'un en couleurs...

Du rouge, du vert, du bleu partout,

Comme un arc-en-ciel un peu flou,

Un amour en couleurs et puis c'est tout.

Peut-être toi, peut-être nous.

16/02/2006

16/02/06 - 19:59

Le Service Après Vente...

Alors oui, il est bien beau et bon de se balader niaisement main dans la main en bravant les inconnus, les préjugés, dans les rues de Paris.
Oui, il est bien beau et bon de se manger des yeux, de s'embrasser en permanence, au cinéma, dans le métro, en face de la Tour Eiffel, dans une ruelle sombre et humide.
Oui, c'est bien beau et bon de se faire des mamours, de se donner des petits noms, de dire des mots doux en chuchotant, même quand on est seuls.

Mais bon, les amis, il y a une vie en dehors des bisous langoureux, du sexe torride en amoureux et des sorties galantes. Car beaucoup trop semblent ignorer le Service Après Vente.
Certains, quand ils savent qu'ils ne pourront pas voir leur compagnon de la journée s'en contentent fort bien. Pas un coup de fil, pas un texto, pas un mail, quand bien même cette absence durerait un week-end. Pas grave, on a convenu de se voir dans trois jours, pourquoi se donner des nouvelles? Pourquoi savoir comment il va? Pourquoi vouloir entendre le son de sa voix deux minutes? Pourquoi prendrai-je trente secondes de mon temps pour lui écrire "Je ne pourrai pas te voir aujourd'hui, mais je pense à toi tout de même"?

Eh bien, je dis flûte (oui, vous avez bien lu, je me lâche), flûte à ses couards du SAV, qui préfèrent appeler leur chien pour jouer avec lui et le renvoyer ensuite à la niche en l'y laissant jusqu'à la prochaine envie de le caresser. L'image est peu flatteuse, mais elle est ce qu'elle est: trop réaliste.

L'attention portée à l'être aimé n'est-elle qu'une valeur d'antan ou un fantasme de midinette?

11/02/2006

11/02/06 - 23:53

Les samedis à Carrefour

Que peut bien faire un elfe, le samedi soir?

Voir des amis?
Aller au cinéma ou au théâtre?
Se balader romantiquement dans Paris?
Et plus si affinités?

Que nenni braves gens! Le pas décidé, il connaît bien ce chemin qu'il emprunte presque chaque semaine. Il va à Carrefour, à 21 heures. Jusqu'à ce que la gentille hôtesse avertisse dans son gentil micro que le gentil magasin va fermer ses gentilles portes.

Puis à 22 heures, il range ses menues courses. Et se prépare une pizza en promotion.

Le rêve n'est-il pas?

(Si quelqu'un veut bien se dévouer pour préparer à l'elfe un autre programme pour ses samedis soirs futurs, il est le bienvenu).

11/02/06 - 23:46

Je t'impardonne...

Allez, une petite prose pas légère pour deux sous. Pour changer.

Les histoires les plus courtes sont les plus impardonnables.

Je t'impardonne ton premier pas vers moi, ton regard d'enfant perdu, ton premier baiser, doux, inespéré, envoûtant.
Je t'impardonne ton sourire contagieux, ton corps façonné pour épouser le mien, ta maladresse touchante et encore tes baisers, par vagues de mille, par paquets de tendresses, sages et pourtant dévastatrices.
Je t'impardonne ton désespoir qui tentait de poindre, ici et puis là, et que j'essayais de chasser. Je t'impardonne de m'avoir donné l'illusion d'y être parvenu. Je t'impardonne cette peine perdue, ce combat impossible, moi qui croyais être ton issue de secours.
Je t'impardonne de m'avoir trouvé beau, de me le dire sans cesse, me le faire ancrer dans mon coeur et mon esprit, de m'avoir entrouvert l'idée du bonheur et de tout me reprendre, comme ça, par jeu ou par folie, du jour au lendemain.
Je t'impardonne cette main lâchée, ce baiser interrompu, ces mots qui écornent et que tu ne pesais pas. Je t'impardonne ta surdité et ta lâcheté à mes supplications imbéciles.

Je t'impardonne ce gâchis de nous.

Et surtout, je m'impardonne d'y avoir cru, une fois encore. D'avoir eu l'inédite impression de tutoyer ce rêve inaccessible, de nager sur un nuage gonflé d'amour, toutes ces inepties que l'on s'invente et qu'on rêve de partager.
Je m'impardonne de penser encore à toi chaque jour, même si le temps me soulage de ton image à chaque fois davantage. Chaque minute devient chaque heure puis ce simple moment donné où le coeur ne se serre plus qu'une fois, mais une fois de trop.
Je m'impardonne d'espérer ton retour car je sais que je recommencerai, donnerai à nouveau, tout et plus encore, comme si je découvrais ton existence à l'instant même.

Mais ce jour-là, j'espère que tu auras des arguments impardonnables...

06/02/2006

06/02/06 - 21:40

Petite Histoire d'A.

Pour fêter mon divin retour (je sais que je vous ai manqué, ne faites pas les timides), une petite fable que j'ai écrite, un peu culcul la praline, un peu universelle. Ou peut-être pas.

"Il était une fois, un Inventeur qui adorait bidouiller tout un tas de trucs. Avec deux bouts de bois, il fabriquait un canapé, avec deux électrodes, un ordinateur et avec deux ampoules, des lunettes à infra-rouges. C'est pour vous dire s'il était doué d'imagination et de ses dix doigts. Mais l'Inventeur, au milieu de ses inventions, était bien seul. Il se disait lugubre et infréquentable et ne connaissait rien aux choses de l'amour dont il préférait s'éloigner.

Il était une autre fois, un Petit Prince, un peu perdu, un peu naïf, au regard mélancolique. Lui savait ce qu'était l'amour. Il avait aimé pour la première fois depuis peu. Et avait en même temps connu sa première peine de coeur. Il pensait ne jamais s'en remettre, mais tout ce qu'il espérait, c'était ressentir à nouveau cette chaleur intense, ses cinq sens qui se concentrent sur une seule et même personne et cette fois-ci, il comptait bien la retenir.

Ils en étaient là de leur solitude quand un jour la vie les mit sur le même chemin. L'Inventeur et le Petit Prince s'observèrent longuement et reconnurent en l'autre celui qu'ils avaient toujours attendu. L'Inventeur entrevit qu'il était donc possible d'aimer et le Petit Prince que l'amour ressurgissait au moment où il s'y attendait le moins.

Le lendemain, ils passèrent la soirée ensemble, en se mangeant des yeux, en se tenant par la main et en s'embrassant jusqu'à s'enkyloser les lèvres. Ils trouvaient cela bien niais, mais ne pouvaient s'en passer pour autant.

Les rendez-vous galants s'enchaînèrent. C'était magique à chaque fois. Leur première nuit ensemble était parfaite, comme rarement les premières nuits le sont. Quand ils ne se voyaient pas, ils ressentaient un manque terrible, comme si une partie de leur existence avait disparu. Plus rien d'autre ne comptait à leurs yeux, pas même manger ou boire et ils ne pouvaient plus s'endormir quand ils étaient séparés.

Mais un jour, l'Inventeur se posa trop de questions. Il essayait de créer un objet qui symboliserait son nouvel amour. Mais il n'y parvenait pas. Il y vit un mauvais présage. Et repensa à son passé torturé. Au sens de sa vie qui ne menait nulle part (selon lui). Le Petit Prince avait cessé d'être magique à ses yeux. Et cela lui fit peur.

Le lendemain, il confia ses doutes au Petit Prince qui lui dit alors: "Cher Inventeur, laissez donc votre passé derrière vous et tentons de bâtir un avenir ensemble! Laissez-moi devenir votre ange gardien et tant pis si je me brûle les ailes pour vous, tant pis si je cesse d'être un Petit Prince. Je préfère être amoureux et pauvre et que riche et sans vous. Une seule chose est certaine: vous m'avez réinventé. Sans vous je n'existe pas. Ne me laissez pas vivre sans vous, plus une seule minute. Partons loin d'ici, voulez-vous?"

L'Inventeur ne pouvait accepter cette candide proposition et sans trop bien comprendre pourquoi, il se mit à pleurer. Le Petit Prince aussi. Ils passèrent plusieurs heures à sangloter ensemble, sans se regarder, s'apercevant que leur amour s'évaporait à chaque larme, un peu plus.

Et l'Inventeur partit. Sans saisir cette chance d'amour qui s'offrait à lui. Et le Petit Prince resta là, sur le quai, les yeux dans le vague et le coeur gonflé d'un trop plein d'amour désormais inutile.

Nul ne sait ce qu'il advint d'eux, si ce n'est qu'ils furent très seuls pendant longtemps.

Ce n'était après tout, qu'une petite histoire d'A."

08/01/2006

08/01/06 - 17:21

Le Top 15 des films 2005

Voilà, 2005 s'est envolé. Cinématographiquement, ce fut une année moins riche. Je ne suis allé qu'une centaine de fois dans les salles obscures et je n'ai revu que quelques films une deuxième fois. Mauvais signe. Mais certains se sont bien détachés, dans des genres complètement différents. Voici donc mon petit bilan, alors que l'année 2006 s'annonce plutôt riche, en matière de films.

1) Garden State.
2) Million dollar Baby.
3) Charlie et la Chocolaterie.
4) A History of violence.
5) Shaun of the dead.
6) Palais royal!.
7) Sin city.
8) Les noces funèbres de Tim Burton.
9) Kiss Kiss Bang Bang.
10) Neverland.
11) Le Promeneur du Champ de Mars.
12) Match Point.
13) La Guerre des mondes.
14) Les Poupées russes.
15) Team America.

Et vous?

06/01/2006

06/01/06 - 18:30

Le mauvais moment...

En amour, il semblerait que je sois un elfe dont la spécialité est d'arriver au mauvais moment. Et 2006 sera pareil en tout point à toute année et me conforte dans l'idée qu'il est ridicule de souhaiter la fin de l'an précédent et d'espérer du renouveau du suivant. La vie suit son cours. La vilaine.

Il est déjà bien difficile de rencontrer quelqu'un qui nous plaise. Enfin pour moi surtout. Il est encore plus miraculeux que vous plaisiez à cette personne. On pourrait croire qu'après cette réciprocité, le plus dur soit fait, qu'après un tel excellent début l'histoire d'amour balbutiante ne puisse que présager du meilleur. Mais c'était sans compter sur "le mauvais moment".

Il arrive dans une valse d'excuses qui surviennent après quelques jours, voire quelques semaines... Quand tout à coup, l'autre s'aperçoit que cette histoire peut devenir sérieuse, qu'elle risque de changer sa vie, de réaliser ce qu'il espérait. Et ça l'effraie... La perspective de bonheur fait diablement peur. Arrivent donc les fameux "Tu arrives au mauvais moment dans ma vie", suivis des, au choix, "Je préfère qu'on en reste là: j'aime encore mon ex, on fait juste une pause", "Je ne me sens pas prêt à aimer de nouveau", "J'ai peur d'aimer car ça fait souffrir", "Je ne peux pas aimer, ça me rend cruel" ou dernièrement, "je ne peux pas être disponible pour quelqu'un, j'ai plein de projets avant ça". Bien bien, chers amis, en ce cas, ne venez pas nous importuner et nous faire perdre un temps précieux en venant nous chercher les yeux pleins de promesses et le coeur qui se languit d'amour...

Alors bien sûr, quand vous mettez un terme à ce genre de "relation", la mélancolie s'installe peu à peu. Mais heureusement, elle amène son grand ami le soulagement qui nous fait repartir vers de nouvelles aventures... Qui aime, nous suive!

01/01/2006

01/01/06 - 02:49

Mon bilan 2005

Les elfes, ça fait comme tout le monde, ça dresse aussi des bilans de l'année écoulée.

J'entends partout des gens heureux que 2005 se termine, comme si ce furent douze mois d'enfer inégalés. En fait, c'est chaque année que ces personnes soupirent et espèrent du meilleur pour ce qui suit. Forcément. Demain ne peut être pire qu'hier et aujourd'hui.

Pour ma part, 2005 fut une année bien mitigée. Sans rentrer dans les détails, elle m'a:

-Permis de me reconstruire physiquement après un accident.
-Permis de me comprendre moralement après une rupture.

Ce sont les deux points les plus importants de cette année, avec un boulot imprévu en mai dernier, les tragédies personnelles de deux amis proches, l'envie d'écrire à nouveau.

Je ne suis pas passéiste, aussi je suis incapable de me souvenir précisément de l'année qui vient de s'achever. Elle était comme toutes les autres et sera comme les prochaines, bercée à la fois d'espoirs et de désillusions. C'est ce qui fait la vie et son grand mystère.

Bonne année à tous. Tout de même.

29/12/2005

29/12/05 - 18:17

Mon physique et moi...

Je suis ce que l'on appelle un narcissique masochiste. Je ne me regarde pas dans les miroirs pour m'admirer, mais pour voir ce qui ne va pas et confirmer combien je suis laid...

Pourtant, j'ai été très beau, pendant 10 ans à partir de ma naissance. On me surnommait l'Ange blond. Après, c'est parti en sucette. Je ne sais pas ce qui s'est passé. L'adolescence fut rude. J'étais très maigre, je m'habillais à la mode des années 1890, je ne me prêtais aucune attention. Et les autres non plus. Mon petit coeur en a beaucoup fait les frais... De populaire et admiré dans ma prime jeunesse, je suis devenu pestiféré les années suivantes.

Ce qui fait que longtemps je me suis cru laid. Rien ne me plaisait. Rien ne trouvait grâce dans mon physique. Et lorsque je me suis lancé dans l'aventure des tchats de rencontre, l'obstacle "photo" me terrifiait. J'en fis, pour pouvoir poursuivre quelques échanges. Elles me donnaient un aspect encore plus éloigné de la réalité. Aussi, quand on me répondait que j'étais mignon, je pensais que la personne était uniquement en manque et rien de plus.

Avec le temps, je sais que je me suis bonifié. Je pense que je vieillis bien, même si toujours presque rien ne me plaît en mon physique. Je sais où sont mes points forts et je dois sûrement en jouer, je n'en ai pas conscience. Mais si on m'a aimé, si on a voulu coucher avec moi, c'est qu'il y avait somme toutes d'autres raisons que mon esprit enjôleur, ma plume et mon humour.

Du moins j'ose l'espérer...

26/12/2005

26/12/05 - 21:37

Histoire de désillusion 2 (le retour)

Petite anecdote. Réelle ou inventée. Ou les deux. Courant 2005.

J. rencontre souvent X. (nous l'appellerons X.) sur son lieu de travail.
X. est plutôt charmant.
Ils n'osent jamais se parler et se regardent parfois avec insistance. Une curiosité mutuelle? La promesse d'une rencontre? Ou absolument rien?

Un jour, J. découvre que X. se connecte sur un tchat gay. Heureuse surprise. Un peu moins quand X. s'exhibe sous toutes les coutures et dans toutes les positions sur ses photos tout en promettant rechercher l'Amour (avec un grand A tant qu'à faire).

Le lendemain, J. tente une conversation en appelant X. par son pseudo du tchat au lieu de son prénom (qui lui est de toute manière inconnue). Surprise de X.

Extrait de la conversation:

X: Oh, mais en fait, tu es gay toi aussi?
J: Il semblerait...
X: Trop cool! Ca te dirait de me péter le cul samedi soir? J'ai trop envie de toi depuis que je t'ai vu la première fois...
J: ...

Comment J. a-t-il fait pour résister à une telle déclaration amoureuse, poétique, enflammée?
Je suppose qu'il a pris sur lui. Ou alors il n'aime pas les samedis soirs.

23/12/2005

23/12/05 - 00:28

Une histoire de désillusion

Dans le même degré que mon Echelle de l'ennui, j'ai eu, comme de nombreux d'entre vous je pense, une histoire de désillusion internétisée, grâce à une personne qui usurpait l'identité de quelqu'un d'autre en vue de rencontrer l'âme soeur...

Maintenant, j'en ris avec plaisir. Sur le coup, beaucoup moins. Rassurez-vous, rien de sordide (ou tant pis pour les avides de sensationnel). Or donc, un Lillois m'aborde un jour, au début de l'année 2000. Je découvrais le net et mes premières déconvenues. Celle-ci serait de taille. Ce Lillois se lance dans des tirades amoureuses à n'en plus finir au bout de quelques échanges. Séduit par les mots et encore aujourd'hui, je m'enflamme assez vite (ah jeunesse naïve...). Il m'envoie une photo de lui, assez petite. Un beau blond comme on n'en voit que dans les publicités Abercrombie and Fitch. Là, méfiance: déjà, si quelqu'un de beau m'aborde, c'est qu'il y a erreur sur la personne, mais surtout, est-ce vraiment lui? Je ne suis pas adepte des blonds, mais tout de même, celui-ci avait un petit quelque chose de charmant. 1m80, 65 kilos, rien à jeter. Je pars donc à la pêche aux informations. Le garçon n'a pas d'autres photos car il déteste être photographié (pour un Apollon gay, voilà qui est bien atypique). Je décide de le croire et sa voix se veut rassurante au téléphone. Mais il y a quand même le problème de la distance. Metz/Lille, ce n'est que quelques heures en soi, mais pour vivre une histoire potentielle, le TGV est loin d'être romantique, surtout quand on est désargenté. Le garçon se veut cajôleur et me persuade de venir lors de mes prochaines vacances le mois suivant. Au moins pour le rencontrer. A coup sûr, ce sera le coup de foudre réciproque.

Après bien des appels, une facture téléphonique monstrueuse, je prends mon billet pour Lille. Mais une fois arrivé, je ne vois pas mon Apollon. Me voilà dans la gare à la recherche de mon mystérieux interlocuteur. Je l'appelle. Il me signifie être sous une affiche de pub Lévis. Je vois bien ladite affiche, mais pas mon Apollon. En-dessous de l'affiche, il y a un petit goret décoloré aussi grand que large, en jogging et des mocassins. Je lui dis de faire un signe car je ne le vois pas. Le goret lève la main. Je me liquéfie sur place. Le goret s'approche. Je pense courir vers le premier TGV venu. Mais n'en fais rien, je suis trop paralysé. Mes rêves d'amour romantique à distance viennent de s'effondrer et moi avec. Il me sourit d'un air de dire "tu vois, je ne t'avais pas menti, je suis comme sur la photo". Merci Photoshop! A sa question sur ce que je veux faire là, tout de suite, j'ai envie de crier "me suicider". Mais je réponds que je visiterais bien Lille. Je m'en faisais une idée de ville dépressive avec corons et mineurs à tout coin de rue. C'était une ville colorée et festive. Mais moi, j'étais loin d'être à la fête. Pendant le tour de la vieille cité, je m'enfonce dans le mutisme total. Le goret n'a aucune conversation et me vante les mérites de ses nouvelles mocassins. Puis il m'emmène dans une petite ruelle. Il habite là et me propose qu'on passe aux choses sérieuses. Je fais mine de ne pas comprendre. Et là, le miracle absolu: le téléphone sonne. Un ami. Je saisis l'occasion, trop belle. Je fais celui qui est catastrophé par une nouvelle qu'on vient de m'apprendre, il faut que je rentre le plus vite possible, ohlalala que c'est dommage. Il me raccompagne à la gare et veut patienter avec moi sur le quai. Au cas où je raterais mon train. Sois sans crainte, petit goret, je peux courir plus vite que le TGV. Calvaire terminé...

Des années plus tard, je retombe sur cette photo qui m'avait dupé. C'était bel et bien pour une publicité pour un pull quelconque, mais retravaillée. On ne m'aura plus deux fois.

Au moins j'aurais vu Lille.

20/12/2005

20/12/05 - 23:29

L'échelle de l'ennui.

Rien de plus désagréable que de s'ennuyer lorsque l'on n'avait pas prévu délibérément de le faire. Un récent dîner vient de me donner l'idée de créer l'Echelle de Richter de l'ennui. Désormais, il sera ma référence ultime en matière de bâillements, de gros soupirs, d'exaspération, de regardage frénétique du temps qui passe.

Voilà ce que c'est aussi que de rendre service à une vague connaissance qui tient absolument à vous remercier en vous invitant à dîner... Le problème, c'est que vous ne vous souveniez plus à quel point cette personne suintait l'ennui dès le premier bonjour... Et bon an mal an, vous voici en chemin pour le premier restaurant venu... Même le plus infâme sera le bon. Même un MacDo pourvu que le supplice s'abrège plus vite. Surtout, ne pas choisir d'entrée. Un plat suffira. Pas de dessert non plus, je ne voudrais pas rater le dernier métro. Comment, il n'est que dans trois heures? Certes, mais je préfère prendre de l'avance, un incident voyageur est si vite arrivé. Surtout, feindre la fatigue, sourire béatement à ce vous supposez être un calambour, proférer des inanités de convenance, des banalités sur l'hiver. Manger et s'en tenir au principe de ne pas parler la bouche pleine et mastiquer le plus vite possible (et demander l'addition au passage). Et quitter cette incarnation de l'ennui sur deux jambes. Courir jusqu'au métro, prendre une douche pour se purifier et se pincer pour vérifier que l'on est toujours en vie.

J'aime m'ennuyer parfois, comater devant un DVD, en caleçon, lire, écrire, ne rien faire toute une journée. Le silence à deux ne m'effraye pas non plus quand il est plus fort que le moindre mot. Mais ce sont des choses désirées, attendues parfois.

"L'ennui est la maladie de la vie" disait Alfred de Vigny. Oui, ce le fut ce soir-là. Il aurait rencontré cette personne, à coup sûr, ça l'aurait tué net.

18/12/2005

18/12/05 - 22:59

Le sexe et moi...

Pendant longtemps, j'ai cru qu'il y avait incompatibilité entre sexe et sentiments. Que c'était l'un ou l'autre et que s'ils étaient réunis, le premier salissait l'autre.

J'étais un elfe précoce. A 10 ans, je me souviens mes branlettes quotidiennes. A 14 ans, ma première expérience sexuelle avec un garçon. Elle m'a terrifié. Pas parce qu'elle n'était pas réussie. Au contraire, parce que je savais où j'allais, ce que je faisais, comme si c'était une voie toute tracée, comme si je l'avais toujours eu en moi. L'instinct du sexe. D'ailleurs, cela faisait 4 ans que j'attendais, que je m'y préparais. Mais l'accomplissement de ce fantasme m'avait déçu. Ce n'était donc que ça.

Je n'ai pas remis le couvert pendant au moins 6 ans. Le sexe n'était pas fait pour moi. Evidemment, avec la fac, j'ai vite comblé tant d'abstinence. Mais pas tant que ça. Je n'attendais que le preux chevalier. Mais je suis tombé sur des leurres qui étaient tout sauf preux, qui promettaient de l'amour, ce si bel amour espéré, pour m'attirer dans leur lit. Des fausses promesses en échange de faux baisers.

Et quand enfin je sus que j'aimais et étais aimé de retour, le sexe m'a paru un élément perturbateur. C'est d'ailleurs ce qui a transformé notre histoire en amitié. Cinq années de vie commune. Je le respectais trop. Faire l'amour avec lui me donnait l'impression de lui manquer de respect justement. Après, quand il m'arrivait de faire des plans de passage, là je m'abandonnais aux plaisirs du sexe, car je savais que ce ne serait que pour une nuit, que demain ce garçon serait parti, je pouvais donc le "salir" à ma guise.

Et puis soudain, j'ai réalisé que j'étais dans le tort depuis le début. Oui, on peut aimer et faire du sexe ensemble sans que cela ne gâche quoi que ce soit. Oui, c'est possible et c'est même ce qu'il y a de mieux au monde. C'est le véritable accomplissement de l'amour et on ne dit pas "faire l'amour" pour rien. On le crée chaque soir ou chaque matin, dans sa couette, ou ailleurs. On le fabrique ensemble au petit déjeuner, en allant au cinéma, en voyageant, en se découvrant. Le sexe accompagne la relation, la pimente, la cimente.

Je sais maintenant. J'ai bien fait de grandir.

16/12/2005

16/12/05 - 19:01

"Tu me suffis"

Dans notre société de consommation, même les "je t'aime" deviennent galvaudés.

Au début de ses émois adolescents, on se plaît à espérer entendre un jour ces trois mots, quelle que soit la langue. Même un "ich liebe dich" en allemand râpeux et guttural donnait du baume au coeur. Mais après bien des "je t'aime" balancés comme ça sans signification, sans sincérité, juste pour avoir la paix ou espérer de coucher plus vite, cela n'a presque plus aucun sens. "Je t'aime" est devenu le hamburger des sentiments. Ca fait toujours du bien par où ça passe, surtout en cas de manque ou d'appétit féroce, mais c'est très calorique et ça peut être devenir mauvais pour la santé (mentale).

Je me suis en fait aperçu que les vrais mots, ceux qui vous transportent à coup sûr, ceux qui paraissent le plus sincères et les plus porteurs en signification étaient en fait trois autres petits mots qui n'étaient pas les sempiternels "je t'aime". Non, il s'agit de "Tu me suffis". Peu importe ton visage, ton corps, ce que tu as dans le slip et dans la tête et malgré tes défauts, "tu me suffis", plus besoin de chercher quelqu'un d'autre. Tu es l'étape de mon voyage amoureux. Peut-être que cela ne durera qu'un temps, ce ne sera peut-être pas pour toujours, je ne sais de quoi demain est fait, mais une chose est certaine, tu es fait pour moi, comme tu es si je te suffis également. Et j'espère que je te suffirai le plus longtemps possible.

Cette année, j'ai eu confirmation que ces mots étaient plus forts que tout "je t'aime". Je me souviens quand je disais à A. il y a quelque temps déjà: "tu vois, tu me suffis, je ne trouve plus aucun autre garçon séduisant depuis que je te connais". Et A. a ri, trouvant ces mots ridicules. Rire à une déclaration d'amour n'était pas fait pour me rassurer et me séduire. Tant pis pour lui, quelqu'un d'autre me suffira. Et j'espère lui suffire également.

Tant qu'à faire.

14/12/2005

14/12/05 - 13:49

27...

Voilà, aujourd'hui, nouveau cap de passé dans ma vie d'elfe: les 27 ans... L'âge de péremption dans le milieu dit gay.

Moi qui déteste les chiffres impairs, je vais me coletiner ce chiffre "27" toute l'année.

Quand j'y pense... Déjà les 27 ans, alors que j'en fais 5 de moins physiquement et 5 de plus moralement. 27 ans et encore rien d'accompli ou d'envie d'accomplir, je ne sais pas vraiment.
Pourtant j'en ai fait et vu des choses, plus ou moins grandes. J'ai voyagé, habité un peu partout dans le monde, rencontré des gens formidables, j'ai aimé, été aimé, du moins je le crois ou me plais à le croire.

Mais curieux, il manque quand même ce petit quelque chose qui fait que... l'on se sent en vie.

Peut-être que ces 27 ans me l'apporteront. Il serait temps.

13/12/2005

13/12/05 - 22:15

"Mais trop polis, sont..."

Pour détendre l'atmosphère dans ce blog plein de cynisme, d'observations désabusées, de sentiments mis par écrit sans pour autant les dévoiler, voici un des tout premiers poèmes que j'avais écrits en arrivant sur Paris, la ville dont je suis amoureux.

Je l'avais même envoyé à la RATP pour ses fameux concours de poésie, mais visiblement, ça a déplu. Alors pour lui donner une lettre de gloire, après avoir réussi à l'inclure dans la première pièce que j'ai écrite et jouée, je vous le livre aussi. C'est peu de choses, mais moi il m'amuse (les elfes rient d'un rien parfois).

"Mais trop polis, sont..."

Ils sentirent le vrombissement
Et se bousculèrent généreusement
Pénétrèrent tous ensembles comme fous
(La cohue les rendaient bien moins mous).

Ils entrent, sortent et n'en finissent plus
Enchevètrements des corps, se sentir éperdu
Sueurs, torpeurs, les odeurs s'emmèlent
Tandis que diverses langues se démèlent...

Découvrir l'ivresse, les corps se donnent
Dans l'obscurité en coeur s'abandonnent
Aimer toucher l'inconnu d'aussi près
Et tout à l'heure encore y retourner...

Mais trop polis sont les riverains
Du métro polisson souterrain...